Dans une vaste salle du musée Capodimonte, sur les hauteurs de Naples, la lumière est orientée sur un tableau représentant Judith décapitant Holopherne, un passage de l’Ancien Testament. Datant de 1613, l’œuvre dépeint une jeune servante, légèrement dans l’obscurité. Concentrée, elle se tient au-dessus d’Holopherne, allongé et agité, qu’elle tient
fermement, tel un animal. A droite du tableau, se tient Judith, debout et l’air calme. Située elle-aussi en partie dans la pénombre, elle plante l’air calme et d’un geste assuré le glaive dans le cou d’Holopherne. Elle l’agrippe par les cheveux. L’expression de panique se lit sur le visage de ce dernier, à l’aube de sa mort. Le sang de sa blessure jaillit sur un matelas blanc.
Judith décapitant Holopherne, un passage de l’Ancien Testament, a inspiré de nombreux artistes. La plupart des compositions masculines ont dépeint la servante en vieille dame encourageant le geste de sa maîtresse, Judith, mais ne participante pas activement au meurtre du général assyrien. Celle qui a choisi de faire de cette scène un acte de sororité s’appelle Artemisia Gentileschi, née en 1593 et morte aux alentours de 1656. Nombre de critiques d’art contemporain ont souligné la violence « rare » de la toile de cette peintresse artiste italienne. Mais ne le souligne-t-on pas à l’envie car l’artiste est une peintresse baroque du XVII e siècle ?
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